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D-day

Publié par Dreamy sur 10 Juillet 2013

D-day

PADMM (Petites Aventures De Mère Marie)

Il y a des jours comme ça où l'on se dit que oui, définitivement, on aurait du rester au lit. Seulement ce jour là, justement, il fallait ABSOLUEMENT se lever. Question de vie ou de mort, on ne rigole pas avec un visa colombien. Sauf si, éventuellement, on a quelques cases en moins et des gros soucis de connexion cérébrale. Ce qui n'est pas mon cas.

...

Ouaip, enchaine. Enchaine.

Donc c'était un lundi ensoleillé et je quittais l'appart d'un ami chez qui j'ai coutume de passer mes week-end. Par respect de la vie privée de cette personne nous changerons son nom. Je quittais donc l'appartement de Gerardo, montais direct dans un bus pour arriver au plus vite chez moi et filer à la migration refaire mon visa.

Sauf que

J'ai eu beau chercher, mon porte-monnaie était bel et bien resté dans le sac de Ju... Gerardo, pardon. Ni une ni deux, self-expulsion du bus avant de me faire botter les fesses, prête à marcher une demie heure durant laquelle le plan d'action de la journée "refaire son visa sans porte-monnaie" s'est établi.

  1. Rentrer à la maison
  2. Préparer les papiers
  3. Retirer des sous avec ma carte de rechange soigneusement cachée chez moi
  4. Faire les photocopies manquantes
  5. Zou à la migration
  6. Refaire mon visa
  7. Manger à la maison = retour avant 14h

Il était 8h. Easy. Tout aurait pu bien se dérouler...

Sauf que

Le mec de la photocopie a mi 3/4 d'heure à faire les photocopies (problème de format). Une fois dans le taxi (enfin) le cheking des documents m'amène à la conclusion inneluctable suivante : je n'ai pas mon passeport. Je suis sûre de l'avoir mis dans mon sac mais sûre de sûre de sûre.

Retourner ma chambre sans dessus dessous n'y a rien changé. Choux blanc à la photocopie aussi. Je me résigne à refaire le trajet jusqu'au distributeur. Rien. Enfin si ce n'est un gamin qui me regarde intensément. Intuition ou désespoir, je m'assoie en face de lui et lui rends son regard. Il ne lui a fallu qu'une poignée de secondes pour m'approcher.

-J'ai quelque chose qui devrait vous intéresser
-Dis moi
(Il agite mon passeport sous mes yeux, sourire malicieux aux lèvres sans prononcer un mot)
-Mon passeport! Merci! (Mais lorsque je tends la main pour le récupérer il l'écarte d'un geste vif)
-C'est 200 000$ (soit 100€)

D-day

Après une négociation des plus édifiantes, le fameux passeport a été troqué contre une arepa et la casquette du jeune homme, volée par mes soin durant la discussion. À savoir qu'il ne pouvais rien faire : il avait 8-12 ans, la force et la taille qui vont avec (un mètre moins douze).

C'est après trois heures d'attente à la migration qu'un jeune homme m'a reçu pour "Examiner ma demande". Traduire : "Laissez les papiers sur mon bureau, je vous rappelle dans une heure".

Sauf que

Une heure plus tard nous n'étions plus seuls, un policier nous accompagnait dans le petit box et sa phrase d'accroche a été plus que percutante.

Mademoiselle, vous savez que l'usage de faux peut vous coûter trois ans dans une prison colombienne?

D-day

La la la... Rassurez-vous, il s'est avéré que le mec était une brèle et que ce n'était pas un faux. Juste un périmé :D Mais qu'importe, avec ce type de document (quand même périmé depuis 10 ans) impossible qu'ils acceptent le visa. Direction la migration bis pour demander un "salvo conducto", document qui me permets de ne pas être illégale. Après deux nouvelles heures d'attentes, on me reçoit.

Sauf que

Il était 16h03 et "les systèmes ferment automatiquement à 16h". Vite expédié. Exténuée je hèle un taxi. Ça aurait été beaucoup moins drôle si, quelques secondes plus tard, le moteur n'avait pas explosé. Heureusement, ce monsieur était prévoyant et avait un mini extincteur accroché au par-brise.

À moitié en larme, effrayée et effondrée, à moitié morte de rire, pensant à la tête de certaines personnes quand je leur raconterais ma journée, j'ai marché dans Bogotá. Marché tout droit, sans savoir ni où j'étais ni où j'allais. C'est tout naturellement que ma chaussure, trois pas plus loin, s'est fendue en deux. Normal.

Le goudron chauffait la plante de mes pieds et le soleil me croquait le visage. Au bout d'une heure je me suis rendu compte que j'étais au pied du bureau de quelqu'un qui prendrait soin de moi et c'est ce qu'il a fait.

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F
Ta vie est un roman... Là j'ai envie de t'envoyer un paquet de fraises tagada par la Poste !
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D
Mais comment que je serais troooop fan! Faut juste marquer dessus "Don't worry this is NOT cocaïne"